Suite de de quatre termes "aux Quatre Saisons" en bronze dor - Lot 153

Lot 153
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Suite de de quatre termes "aux Quatre Saisons" en bronze dor - Lot 153
Suite de de quatre termes "aux Quatre Saisons" en bronze doré, première moitié du XVIIIe siècle, vers 1740, attribuée à Francesco Ladatte (1706-1787) Composée de bustes de figures mythologiques, Flore figurant le Printemps, Cérès l'Eté, Bacchus l'Automne et l'Hiver sur des gaines ornées de feuillages et acanthes Hauteurs : de 29 cm à 33 cm Les représentations des Quatre Saisons, associées à des figures mythologiques, furent des thèmes de la sculpture à la fin du XVIIe et au XVIIIe siècle. Flore incarne le Printemps, Cérès l'Eté, Bacchus l'Automne et un vieil homme drapé représente l'Hiver. Un dessin de Jean Raon conservé à la Bibliothèque nationale à Paris représentant l'Hiver, ainsi qu'une gravure de termes figurant les Quatre Saisons exécutés par François Coudray, nous renseignent sur des projets de statues en marbre destinés à orner des parcs et jardins comme ceux de Versailles ou des Tuileries. Le sculpteur Marc Arcis (1655-1739) a réalisé une Flore en marbre grandeur nature en forme de terme en 1688 pour les jardins de Versailles. Les termes des Quatre Saisons furent largement déclinés dans les arts décoratifs dès la fin du XVIIe siècle, il a inspiré des ornemanistes comme Jean Bérain. On le retrouve souvent sous une forme architecturale de termes composant les montants de piétement de cabinet (voir celui attribué à la manufacture des Gobelins conservé au musée des Arts décoratifs de Strasbourg, les projets du Cabinet de la Guerre d'après Pierre Gole et ceux d'Alexandre-Jean Oppenordt), mais aussi sur des tapisseries (Tenture des grotesques, manufacture de Beauvais). Sur la célèbre tapisserie tirée de L'Histoire du roi, « La Visite du Roi aux Gobelins », on peut observer des artisans disposant des termes dorés sur le haut d'un grand cabinet. Il est intéressant de rapprocher cette série de quatre termes en bronze doré de ceux décorant le gradin du bureau de l'Electeur de Bavière de BVRB Ier conservé au musée du Louvre qui reprend encore ce répertoire décoratif en vogue. Tout comme un dessin de l'orfèvre Ballin intègre un terme de Bacchus sur un projet de surtout de table. L'abondance de ces représentations dans les arts décoratifs français associées à la technique de fonte, celle de la cire perdue a conduit à avancer une attribution à André-Charles Boulle et son atelier (voir collection Dillée, vente Sotheby's le 18 mars 2015, lot 14), néanmoins il semble plus probable d'évoquer le travail du célébre bronzier turinois Francesco Ladatte. Il passa l'année 1718 à Paris, s'imprégna de l'ébullition artistique française sous la Régence qui rejaillit lorsqu'il retourna à Turin et travailla ensuite pour la très francophile cour de Savoie. En 1732 il effectua un nouveau séjour à Paris et côtoya très vraisemblablement les meilleurs artisans français du moment comme Charles Cressent, le bronzier Jacques Caffiéri ou l'orfèvre Thomas Germain. Certains bronzes d'ornement de Cressent, comme les figures de femmes sur la commode aux Nymphes conservée à la Residenz de Munich témoignent d'une réelle similitude stylistique avec les créations de Ladatte. Outre l'aspect esthétique, le modelé en ronde-bosse, la finesse des expressions des visages et de la gestuelle, le traitement des drapés, la qualité de la ciselure s'inscrivent dans la continuité de l'extrême soin que Cressent apportait à ses bronzes. Ladatte exposa régulièrement aux salons du Louvre de 1737 à 1743. Il fut nommé à son retour à Turin en 1744 Sculpteur en Bronze de sa Majesté Charles-Emmanuel III de Savoie et réalisa aussi d'importantes pièces d'orfèvrerie. Ses multiples compétences, tant comme sculpteur, que bronzier et orfèvre lui ont permis de façonner son son propre style. La comparaison de nos termes aux Quatre saisons, exécutés en ronde-bosse, avec de nombreuses appliques composées de termes de figures mythologiques partiellement drapées, comme celles acquises par le musée du Louvre en 2008 (inv. OA12240-1 et 2) ou celles conservées au musée Poldi Pezzoli de Milan présentent d'indéniables similitudes, et illustrent l'oeuvre d'un artisan majeur qui affina et consolida son propre style à la fois influencé par ce qu'il avait acquis à Paris tout en lui apportant une exubérance typiquement piémontaise.
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