VERNET Joseph (1714-1789) et atelier - Lot 25

Lot n° 25
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VERNET Joseph (1714-1789) et atelier - Lot 25
VERNET Joseph (1714-1789) et atelier Naufrage Huile sur toile, porte une signature : « Joseph Vernet / 1784 » 77 x 101 cm Joseph Vernet est sans doute, avec Hubert Robert, le plus grand peintre français de paysage du XVIIIe siècle. C'est aussi une personnalité artistique incontournable dans l'Europe de son temps. Né à Avignon en 1714, il suit une première formation provençale avant d'aller se perfectionner à Rome, en 1734. Il y demeure jusqu'en 1753. Peintre de paysages et de marines, il ne peut bénéficier du statut de pensionnaire de l'Académie de France à Rome, mais profite néanmoins des séances d'études d'après le modèle vivant, qui lui permettent d'acquérir une maîtrise dans la représentation du corps, des attitudes et des expressions (rare chez les peintres de paysage). Soutenu à ses débuts par le milieu pontifical et par les diplomates français, Vernet s'attire les faveurs de la clientèle britannique, à partir de 1745 et de son mariage avec Virginia Parker, fille d'un agent irlandais au service des voyageurs britanniques. La renommée du peintre et l'afflux des commandes le conduisent à hausser "exagérément selon Ghezzi et Mariette" le prix de ses tableaux. Se développe alors une production parallèle de copies réalisées (ou non) dans l'atelier de l'artiste, avec l'aide de Charles Grenier, dit Lacroix de Marseille ou d'Ignace Vernet, frère de l'artiste. Le succès de Vernet, mais aussi les démêlés de son beau-père Mark Parker avec l'Inquisition, incitent le peintre à accepter l'invitation du marquis de Marigny de revenir en France pour réaliser la prestigieuse commande royale des Ports de France. Les quinze tableaux, envoyés au Salon du Louvre de 1755 à 1765, conquièrent le public. Le peintre décide alors de s'adjoindre les services de graveurs pour diffuser ses tableaux en Europe auprès d'une clientèle plus large (socialement et géographiquement). Après l'avènement de Louis XVI et la nomination à la Direction des Bâtiments du Roi du comte d'Angiviller, qui privilégie le grand genre, Vernet cherche à séduire encore davantage une clientèle privée, sensible à l'esthétique préromantique et rivaliser au Salon avec les peintres d'histoire, en mettant en scène les accidents de la nature et les drames humains. Les tempêtes et les naufrages sont des sujets qui ont fait la renommée du peintre, dès sa période romaine. Présents dans la peinture hollandaise du Siècle d'Or "qui continue à séduire artistes et amateurs du XVIIIe siècle", ils sont particulièrement prisés par les clients britanniques, que le « Grand Tour » d'Europe conduit à traverser la Manche et, parfois, la Méditerranée. Avec son retour en France et sa réception à l'Académie royale de peinture et de sculpture en 1753, Vernet est très présent au Salon, où il conquiert le public et la critique. À partir de 1759, Diderot prend la plume pour y commenter les oeuvres exposées et se laisse séduire par le peintre, sur lequel il écrit sans doute ses plus belles pages de critique artistique. En 1768, le philosophe acquiert une Tempête de l'artiste qu'il considère, dans ses Regrets sur ma vieille robe de chambre, comme son bien le plus nécessaire et le plus précieux. Avec les changements qui s'opèrent en 1774 à la tête du royaume et à la Direction des Bâtiments du Roi, les observateurs du Salon se font plus sévères, reprochant à Vernet "qui continue malgré tout à être submergé de commandes" de se répéter lui-même. De fait, si l'on en juge par le nombre de « tempêtes » référencées pour la décennie 1780 dans le catalogue raisonné des peintures établi par Florence Ingersoll-Smouse, le thème reste bien présent dans les années de maturité de l'artiste, jusqu'à La Mort de Virginie (d'après le roman Bernardin de Saint-Pierre), peinte en 1789, année du décès de Joseph Vernet. Si les circonstances de la réalisation du tableau sont complexes, deux oeuvres référencées peuvent néanmoins correspondre à ce Naufrage. Notre tableau peut, dans un premier temps, être rapprochée d'une gravure représentant un naufrage et portant les indications suivantes : « I. Vernet. 1770 / Des[siné] par Michailoff 1812 / S. Petersbourg / Gravé chez Klauber / du Cabinet de M.r Duval / hauteur 25 1?4 largeur 32 pouces ». Ces informations furent mal interprétées par Florence Ingersoll-Smouse dans son catalogue raisonné des peintures de 1926 (Ingersoll-Smouse, 1926, t. II, n°1132, repr.). La date de 1770 correspond, selon toute probabilité, à celle de l'exécution du tableau par Joseph Vernet (et non son frère Ignace, mort en 1762). La planche a été gravée par ou « chez » Ignaz Sebastian Klauber (Augsbourg, 1753 - Saint-Pétersbourg, 1817) d'après un dessin de Michailoff - la date de 1812 devant se référer à la date d'exécution de la gravure. À cette date, le tableau ayant servi de modèle, et dont les dimensions sont précisées (H. 25 1?4 ; L
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