Attribué à Hilaire PELLERIN (1603/04 - 1658) - Lot 67

Lot n° 67
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Estimation :
10000 - 15000 EUR
Attribué à Hilaire PELLERIN (1603/04 - 1658) - Lot 67
Attribué à Hilaire PELLERIN (1603/04 - 1658) Portrait du cardinal de Richelieu en armure, portant l'écharpe de commandement Huile sur papier vélin marouflé sur toile. Vers 1630. Haut. : 41 ; Larg. : 30 cm Dans un cadre en bois sculpté et redoré du XVIIème siècle. Ce portrait qui donne l'image d'un des plus impor¬tants personnages du XVIIe siècle, le cardinal de Richelieu (1585-1642), en tenue militaire est singulier et remarquable à plusieurs titres. On connait l'image d'un Richelieu portraituré par Philippe de Champaigne en 1635 et retenue par le premier ministre de Louis XIII pour contribuer à la dif¬fusion maitrisée de son effigie sous l'apparence d'un homme d'église. Découvrir le portrait du même car¬dinal en armure est très rare. L'armure qu'il endosse pourrait correspondre à celle conservée aujourd'hui au Musée de l'Armée et de la Guerre à Paris (inv. G105- G105-G601), dite armure de Richelieu, reconnaissable içi à sa couleur noire et à l'assemblage des rivets qui reprend exactement l'agencement des rivets de l'armure conservée dans les collections publiques françaises (doc 1). Si l'on ne peut lire la répétition des lettres A (pour Armand) et R (pour Richelieu, ni les tridents et fleurs de lys, (em¬blèmes parlant de la fonction de Surintendant Géné¬ral de la Navigation occupée par Richelieu) en raison du cadrage et de l'écharpe qui enveloppe le sujet de notre tableau, il semblerait que le port de cette ar¬mure fait référence aux faits de guerre du Cardinal : en 1627-1628 Richelieu s'est vu confier par Louis XIII le siège de La Rochelle et en décembre 1629 Riche¬lieu est nommé "Lieutenant général commandant l'armée d'Italie et représentant du Roi en Italie" pour mener pour Louis XIII les campagnes d'Italie. La présence de l'écharpe en soie blanche bordée de fleurs de lys royales en or vient appuyer cette piste. Il s'agit en effet de la même écharpe que Louis XIII arbore dans le portrait conservé au Musée du Prado à Madrid peint par Philippe de Champaigne (doc 2). Cette écharpe donnée par Louis XIII se veut un ma¬nifeste de la délégation de ce pouvoir royal transmis aux fins de commandement militaire. La présence de l'écharpe aux emblèmes royaux permet de dater notre tableau autour de 1627-1630, lorsque Richelieu exerçait ces fonctions de Lieutenant général com¬mandant l'armée et représentant du Roi. La datation du tableau est aussi étayée par l'analyse de la collerette en dentelles. Selon les historiens en costumes et notamment les spécialistes des den¬telles, la collerette qui orne le cou de Richelieu est une dentelle italienne, au point pisan, typique du début du XVIIe siècle: la forme de la collerette et les motifs floraux (tulipe), de coeur et de feuilles de jas¬min sont autant de motifs que l'on retrouve dans les modèles contemporains (voir notamment le portrait par van Dyck de Charles 1er de 1635). Certains spé¬cialistes italiens de la dentelle expliquent la diffusion de la mode de ce type de dentelle grâce aux patrons publiés à Venise par Cesare Vecellio vers 1600. La ré¬férence à la campagne d'Italie trouve ainsi une nou¬velle résonnance avec la mise en avant de ce délicat col de dentelle. Le portrait d'un Richelieu jeune apparait rarement dans l'iconographie de l'homme d'Etat, plus connu par les effigies standardisées de Champaigne et de Vouet. L'image peut se rapprocher de la couverture de l'ouvrage dédié au cardinal d'Arnaud Teyssier, Suivant les indications données par la Directrice du Musée Richelie. On y retrouve ici les traits d'un Richelieu au visage osseux mais ferme, les pommettes saillantes, la chevelure ondulante dont la calvitie partielle est si souvent cachée par la coiffe de cardinal, les ridules naissantes attestant du début de la maturité de notre sujet. La plupart des images connues de Richelieu, consacrant le cardinal-ministre, ne remontent que vers 1630 lors de la Journée des Dupes (10 novembre 1630) voire même la fuite de Marie de Médicis, où le prélat apparait plus marqué et dont la chevelure est grisonnante alors que celle peinte sur notre portrait est encore d'un beau noir profond. Ce portrait au vi¬sage plus jeune est à rapprocher des gravures d'un certain Curti qui vient marquer l'accession de Riche¬lieu au cardinalat en 1622. On y retrouve sur cette gravure les pommettes vives et les paupières encore dynamiques d'un Richelieu jeune. Ces mêmes traits de jeunesse apparaissent dans la gravure de Nicolas Viennot publié par Jean Vallet ou encore dans la gra¬vure de Jean Etienne Lasne datée de 1628 et asso¬ciant Richelieu aux campagnes militaires de Louis XIII. Le support de notre tableau, un papier marouflé sur toile, permet également de penser qu'il y a une vo¬lonté de saisir sur le vif le portrait d'un homme au fait de sa carrière, en vue de la préparation d'une effigie sur toile ou à graver, tout comme Rubens le faisait pour saisir les traits de Louis XIII et d'Anne d'Autriche en vue de préparer les décors du palais du Luxem¬b
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